Histoire brève de La Papinière

 

Le lieu-dit "La Papinière" est situé sur la rive droite de la Sarthe, entre l'ancienne paroisse de Saint-Benoist (rattachée depuis 1809 à Chemiré-le-Gaudin) et Fercé-sur-Sarthe.

Voie principale de navigation et de transport pendant des siècles, la Sarthe permettait la circulation tout aussi bien des marchands et "hommes de bien" que de fléaux humains amenés par les invasions (les Wikings sont remontés jusqu'au Mans), par les guerres avec les Anglais, par les Guerres de Religion, notamment. Aujourd'hui les restes d'une muraille témoignent de la nécessité qu'il y avait à se protéger contre les assaillants.

 

Du manoir de La Papinière dominant agréablement la rivière, il ne reste qu'un bâtiment remanié en forme de pavillon présentant quelques vestiges de construction du XVème et une grange de la même époque.

Un plan cadastral de 1809 atteste d'un bâtiment en longueur, le manoir, entouré d'autres bâtiments aujourd'hui disparus, probablement dédiés à l'exploitation agricole du fief. 

 

Deux figures intéressantes se profilent dans cet environnement bucolique.

 

  • Il s'agit d'abord de François du Gastel dont l'existence est révélée par une Enquête sur la religion et le domicile des nobles, faite à la demande de l'évêque du Mans en 1577. "François du Gastel, sieur de la Pépinière en Chemiré le Gaudin", était dit "Maytre de la Vayrerie de Loupelande". Plusieurs lieux-dits "la verrerie" se trouvent à proximité du manoir de La Papinière : deux à Louplande et un troisième sur la rive gauche de la Sarthe.

C'est partant de sa demeure, qu'on l'imagine dirigeant ses différentes fabriques de verres, de bouteilles, de vitres (aux formats restreints à cette époque), et peut-être même, de vitraux.

Artisans aussi bien qu'artistes, les maîtres-verriers de Normandie et du Haut-Maine étaient connus au-delà des frontières pour leur habileté et leur savoir-faire.

 

  • L'autre personnage remarquable qui vécut et aima La Papinière est le poète René Chauvin du Ponceau d'Oigny, "une des figures les plus intéressantes de la poésie mansaise" selon André Fertré.

Au XVIIIème le fief de La Papinière appartenait à la famille du Ponceau d'Oigny. René d'Oigny est né au Mans en 1749 où il mourut en 1831 dans son hôtel particulier de la rue de la Verrerie ayant vu sur la campagne mancelle (l'Hôtel d'Oigny aujourd'hui démoli). D'une "intelligence fort vive" et alors qu'il était encore au Collège Louis le Grand à Paris, il écrivit une tragédie qui sera jouée au Théâtre Français; en 1771, "Un éloge à Fénelon", en 1775, " Un discours d'un Nègre à un Européen", inspiré de Jean-Jacques Rousseau, annonçant dans son esprit la Déclaration des Droits de l'Homme. Son oeuvre s'est ensuite enrichie de nombreuses tragédies, de poésies. Il traduisit Virgile, visita l'Italie et les provinces françaises. Il fut un habitué vif et spirituel du salon de la belle Madame de Fondville au Mans. Son oeuvre majeure, "Les Quatre Ages de l'Homme" est un grand poème en alexandrins, héritière de la prosodie traditionnelle des XVIIème et XVIIIème siècle. Inspiré par le charme du paysage entourant La Papinière, il en écrivit des vers pleins de fraîcheur.

 

Il épousa en 1818 Marie-Louise d'Andigné dont la famille habitait le château de Resteau à Maigné. A sa mort, son neveu hérita de La Papinière et la propriété devint une exploitation agricole. La fin du XIXème vit la démolition d'une grande partie des bâtiments. Du manoir ne restent que des murs remaniés en forme de tour ou pavillon et à quelques mètres, une très belle grange. La famille d'Andigné vendra le bien en 1909 à une famille d'agriculteurs, Lemaître-Lépicier qui me l'a vendu à son tour en 1995. Vint ensuite la restauration lente mais sûre de ce lieu attachant et si agréablement situé !

 

Contact et Réservation

Bénédicte Hachette

e.mail : lapapiniere72@gmail.com

 Tel. 07 83 22 52 87